Ajouter un siège chauffant dans une Peugeot 206

, par Patrice Freney


À l’approche de l’hiver, et ce depuis quelques années, je rajoute un siège chauffant dans ma voiture, une bonne vieille Peugeot 206, qui affiche fraichement ses 20 printemps.
Pour des raisons médicales et de confort, faire les premiers kilomètres le dos au froid dans sa voiture en allant au travail, j’ai opté pour cette solution.

J’ai commencé par acheter des coussins chauffants sur eBay. Ils m’ont bien rendu service, mais sont assez fragiles.

Pour le principe de fonctionnement, c’est assez basique. Le coussin est branché sur l’allume-cigare de la voiture, un interrupteur à deux ou trois positions selon le modèle (arrêt, températures moyenne et forte). À l’intérieur, c’est juste un petit fil électrique très fin (en jaune sur la photo) dans lequel passe le courant, et qui joue le rôle de résistance entre le +12 V et la masse. Il parcourt tout le siège, partie haute comme basse. Comme celui-ci part à la poubelle après maintes et maintes réparations, je l’ai ouvert une dernière fois pour prendre une photo.

Le problème récurrent, c’est que ce fil électrique casse assez souvent, car il est de faible diamètre. C’est normal, il doit chauffer.

J’avoue en avoir eu un peu ras le bol de le réparer assez fréquemment. J’ai donc opté pour une version plus "pro", trop de temps perdu à retrouver les coupures électriques. Solution plus propre aussi, car pas de fil électrique qui traîne.

Comme toujours, plusieurs solutions :

  • faire faire les modifications par un spécialiste. Trop cher et pas drôle.
  • trouver un siège chauffant original Peugeot. J’ai cherché un peu, mais je n’ai rien trouvé. Comme c’était une option, de plus sur une petite citadine, peu de chance que les acheteurs l’aient prise.
  • acheter un kit complet et le monter moi-même.

Je spoile ou pas ? ;-)

Petit tour sur des sites marchands, et pour finir, un peu comme d’habitude, commande chez AliExpress. 19,19 €, livraison incluse.
Quinze jours d’attente et le paquet est dans la boîte aux lettres.
Pour tout vous dire, je l’ai commandé début octobre pour pouvoir l’installer tranquillement avant les grands froids, enfin ce qu’il en reste.

Comme je fais des travaux intérieurs et que j’avais quelques urgences à régler, j’ai mis ce travail de côté. Les quinze jours de livraison n’étaient donc pas un problème.
Puis bon, le froid arrive… et le dos glacé au matin en allant au travail, heu, je n’aime pas.
Je n’ai commandé que pour le côté conducteur, car la voiture ne m’est utile que pour le travail ou les courses. Souvent seul dans la voiture, donc bon, installation au strict minimum.

Le kit est composé de :

  • deux plaques chauffantes
  • un interrupteur à trois positions
  • un câble de raccordement avec un fusible de protection

Pour la plaque chauffante, elle est en fibre de carbone, ce qui devrait lui assurer une bonne longévité. Voici une partie qui me reste, car elle était trop grande par rapport au siège :

Ce sont les croisillons qui assurent le chauffage.

Au verso, le fabricant n’a pas lésiné sur les coutures. Bonne nouvelle, il ne devrait pas y avoir de casse de ce côté-là !

C’est donc parti pour le démontage du siège.

Plusieurs étapes sont à prévoir :

  • sortir le siège de la voiture
  • déhousser le siège
  • mise en place de la plaque chauffante
  • rehousser le siège
  • mise en place de l’interrupteur
  • raccordement électrique
  • remise en place du siège

En premier lieu, débrancher la batterie. Il faut savoir qu’il y a un Airbag dans le siège, et comme je vais l’enlever, je vais débrancher des fils connectés au siège. J’ai vu l’information sur des forums comme quoi l’Airbag pouvait se déclencher, ou pas. Je n’ai pas envie de tout prendre dans la tronche, donc je débranche.

Démontage du siège : il faut déconnecter les fils en dessous (connecteurs), puis enlever les quatre vis de fixation mécanique du siège.

Une fois démonté, retour à l’établi pour la suite, moins facile, le déhousser complètement.

Le kit électrique composé de deux plaques chauffantes, une pour le dos, l’autre pour le fond (les fesses et les jambes), sans oublier la commande. Le kit est réalisé de manière professionnelle.
La partie chauffante va venir se coller contre la mousse avec les deux bandes adhésives (bandes roses).

Il faut enlever les agrafes positionnées un peu de partout sous le siège. La pince est de rigueur. Je n’ai pas d’agrafes de remplacement, je n’ai pas jugé nécessaire de m’équiper juste pour un montage. Il faut donc ne pas abîmer les agrafes ni les casser.


Le bas est enlevé.

La housse étant enlevée, la mousse jaune apparait.

Il faut coller les plaques chauffantes. J’ai dû recouper un peu les plaques, car trop grandes.

Je suis désolé, mais j’ai oublié de prendre des photos des plaques chauffantes collées à la mousse. :-(

Ce montage-démontage de la housse est l’opération la plus longue à faire. Prévoir quelques heures, surtout si c’est comme moi, la première fois.

Avant de remonter le siège dans la voiture, il faut s’occuper de la partie électrique.
L’endroit pour placer l’interrupteur est assez stratégique. Sur la 206, peu de place au tableau de bord. J’ai choisi de le mettre au niveau de la console centrale pour plusieurs raisons :

  • place de libre à l’arrière du frein à main
  • pratique à l’utilisation
  • près de l’allume-cigare.

Ce choix n’est pas un hasard, mais technique : quand j’arrête la voiture, il faut absolument que le siège chauffant soit éteint pour des raisons de sécurité, mais aussi pour ne pas vider la batterie et se retrouver à plat le soir pour rentrer à la maison. Le siège sera donc raccordé à cet allume-cigare, éteint dès que le contact est coupé. C’est le plus près et le plus pratique pour un raccordement.

Je recommence à démonter la voiture pour enlever la console centrale.
Quelques vis et clips plus tard, toute la pièce en plastique est ôtée.

Petit repérage de l’emplacement. Quatre perçages pour repérer les coins de l’interrupteur.

Découpe (Dremel, lime…) du rectangle après prise de mesure de l’interrupteur.

Et voilà, un emplacement bien propre, globalement droit. Pas très évident, car cette partie est assez bombée. Bref, le résultat me convient.

Mise en place de l’interrupteur pour voir si tout est en place.

Retour à la voiture. Voici la cosse de l’allume-cigare sur laquelle je vais brancher le système chauffant.

J’ai libéré complètement les cosses afin de travailler plus librement. J’ai enlevé un peu de plastique pour pouvoir raccorder le fil directement, sans coupure.

Branchement des fils de l’interrupteur. Moi, je soude, chacun son truc. Je trouve cette méthode plus fiable dans le temps que les cosses ou raccords électriques.

Quelques morceaux (doublés) de gaine thermorétractable pour éviter les courts-circuits. Remontage complet des cosses.

J’en profite pour nettoyer la voiture, vingt ans de poussières avec des coins plus ou moins inaccessibles. On voit sur la photo la gaine électrique noire (à droite qui sort de la console) qui sera connectée au siège. On voit aussi la gaine originale (à gauche sur le sol) qui connecte le siège au circuit électrique de la voiture (fils de l’Airbag).

Remontage de la console et du siège. Tout est en place. Le siège étant réglable, il faut bien faire attention au fils électriques qui raccordent la console et le siège, afin de ne pas qu’ils se coincent lorsqu’on manipule le siège (recul, hauteur, inclinaison).

Branchement de la batterie et premier essai de l’ensemble remonté. Bien évidemment, j’avais fait quelques essais de chauffage à l’atelier auparavant afin d’éviter les mauvaises surprises.

Prise de température avant chauffage.

Au bout de quelques minutes, la température monte, comme prévu.

C’est une température qui n’a que très peu de sens, car, comme le corps est plaqué contre le siège, la température est bien supérieure. Je mesurerai à l’occasion.

Le travail est donc terminé. Je m’y suis pris en plusieurs fois, et je ne l’avais jamais fait, mais globalement, il faut compter une bonne journée de travail.

Après quelques jours d’utilisation, rien d’anormal à signaler. Le siège chauffe comme prévu. Au démarrage de la voiture, je place l’interrupteur en position forte (haut), puis ensuite, après quelques minutes, je le bascule en position normale (bas) parce que le siège chauffe vraiment beaucoup. C’était déjà le cas avant avec le siège amovible.
Je verrai à l’usage si la plaque chauffante tient le coup ou pas. Je ne pense pas qu’il y ait un réel problème, le matériel a l’air solide. Je n’aime pas les bandes adhésives, elles tiennent rarement dans le temps. À voir.
En tout cas, pas de coussin qui s’affaisse, pas de fils électriques qui traînent. Que du bon !

Ne croyez pas un instant que c’est un luxe, en tout cas, pas pour moi. Cela a vraiment un impact non négligeable sur mon mal de dos. Je ne pourrais que difficilement m’en passer. Preuve en est, lorsque j’ai acheté une voiture l’année dernière, une Peugeot 5008, c’était un équipement obligatoire dans mes critères d’achat. Bon d’accord, je les ai pris massants aussi… ;-)

Prix : 20 €
Temps : une journée